les pendules d’autrefois
Les pendules de cuisine de nos grands parents.
Dans beaucoup de cuisines des fermes vendéennes autrefois, entre 1850 et 1950, une grande pendule s’élevait du sol au plafond. Ce précieux meuble familial se transmettait de génération en génération.
Avec le « tic tac » des secondes du grand balancier et les « dong dong » grave de la sonnerie des heures, cette merveilleuse pendule entretenait la vie au foyer. Sur le cadran, on pouvait lire la signature de l’horloger local vendeur de ce précieux meuble.
Car comme le fait remarquer justement Yann Ruillier, restaurateur de pendules à Chauché, le nom qui apparaît graver sous les aiguilles du cadran n’est pas celui du fabricant mais bien celui ce nom du vendeur local. Ainsi dans notre petit pays du bocage vendéen de Chauché, beaucoup de ces pendules portent le nom de Drapeau Saint Fulgent. Cet horloger tenait boutique, encore il y a moins de 5 ans.
Mais qui a fabriqué ces pendules ?…
Elles viennent toutes, de l’autre bout de la France du Jura. Elles sont faites en Franche-Comté. C’est la région la plus froide de France qui se situe tout près de la Suisse. L’hiver est très rude. Aussi les paysans pour s’occuper cette longue saison froide, deviennent horlogers. Il y a aussi beaucoup de forêt et bois dans cette région. Ils ont fabriqué des meubles pour ces pendules. Ces agriculteurs savent aussi travailler également le fer et la forge. c’est ainsi qu’ils sont devenus des paysans horlogers. Entre 1680 et 1800 ou 1900 la production d’horloges fabriquées dans les fermes à s’élèvent à plusieurs dizaines de milliers. Après 1850 une large couche de la population peut s’offrir de telle horloge la demande alors augmente.
Le mobilier du XVIIIe siècle devient plus riche c’est alors qu’apparaissent les grandes caisses en bois qui abritent ces horloges les balanciers et les poids. Ces meubles en pin du jura peuvent atteindre même jusqu’à 2 m 50 ou 3 m de haut. Ils s’harmonisent très bien avec le mobilier campagnard d’alors. Au coin de la cheminée. Les sols en terre battue ne favoriseront pas une longue durée de vie aux pieds de ces meubles qui souffrent de l’humidité du sol.
Pas de télévision ou de radio dans la cuisine de la fermes vendéennes de 1900, mais une vie semble sortir de ce meubles. Le balancier enfermé derrière sa vitre ronde égraine les secondes et la sonnerie martèle les heures et parfois même les quarts d’heures. Quel beau cadeau de mariage à faire pour un jeune foyer ! On va bien sur l’acheter chez l’horloger du pays.
Mais d’autres vendeurs ont compris l’intérêt que suscite ce meuble précieux si vivant. Des colporteurs se chargent aussi de la revente. Lors d’un premier passage à la maison ils proposent aux clients intéressés de garder leur horloge jusqu’à leur retour. Entre-temps toute la famille se familiarise avec tic-tac du balancier et la sonnerie des heures. c’est très rassurant dans la chaumière. Bien évidemment quand le vendeur revient, l’horloge reste à la maison. Car il est trop difficile à l’époque de se séparer de cet instrument qui apporte la vie dans la maison.
Ce sont ces meubles, vieilles pendules des fermes ou des maisons bourgeoises d’autrefois que Yann Rullier, ébéniste de profession, restaure au Plessis Cougnon, petit village de Chauché. En sa qualité d’ébéniste le travail et la décoration du bois sont adaptés à cette œuvre minutieuse. La partie horlogère ne tombe pas souvent en panne. Car ces mécanismes sont si robustes qu’ils peuvent fonctionner pendant plus d’un siècle.
Réparer et entretenir ces pendules d’autrefois, n’est-ce pas contribuer à la conservation du patrimoine de nos campagnes du bocage vendéen ?
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