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Archive pour juillet, 2008

La batteuse en 1948 : évènement à la ferme

Posté : 23 juillet, 2008 @ 1:30 dans Non classé | Pas de commentaires »

http://www.dailymotion.com/video/x67wxubattage7.jpgLa Batteuse de Charles Briand.

Voici un très bel extrait du livre de Charles Briand : La batteuse. C’est l’un des meilleurs récits que j’ai trouvé au sujet de cette fête à la ferme avant 1950 ,  à jamais disparue. Du moins c’est comme cela qu’étant enfant, je voyais cette journée des battages ,  à la ferme de mes parents. Faut –il regretter ce temps de dur labeur mais  ou la solidarité jouait si bien dans le monde agricole ? .

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Je passe ici le travail dans les champs de blé qui consitait à couper le blé et à faire des gerbes . les tas de blé assemblé dans l’aire , un espace propre et nettoyer près de la ferme et de l’endroit ou l’on voulait dresser le tas de paille ou pailler , après le battage à la machine à battre le blé . voici ce texte :

Le soleil darde ses premiers rayons lorsque Le Pape le mécanicien,  met en branle sa batteuse, dont le bruit de sirène entêtant retentira tout au long de la journée. Un dur labeur commence pour les hommes du village, qui suivront la machine de ferme en ferme, donnant au mot « entraide » toute sa noblesse.

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 La batteuse est d’abord installée chez Joseph, rentré depuis peu au pays. Sa jeune épouse, Marie, étrangère à la contrée, doit préparer le repas de midi, aidée d’une voisine qui lui en apprendra beaucoup sur les gens du village et les rites des jours de batterie. Notamment sur la manière d’être aimable avec les hommes tout en refusant les gestes déplacés …

Oh ! Les gars ça tourne !

Enfin après quelques hésitations, le ronronnement régulier de la machine prête à travailler.

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« Allez, les gars. Cinq minutes. Le temps que le Pape enroule sa grande courroie et ça va démarrer. »

Rapidement les hommes mâchent leurs dernières bouchées, avalent le reste de leur bol, ferment leur couteau et s’en vont.

Dehors le jour se lève. On commence à voir la cour.

« Joseph, qu’est-ce que je fais ? Joseph, où je vais? Joseph, où t’as ton échelle? Joseph?

Joseph? Joseph? »

Du coup le pauvre Joseph ne sait plus où donner de la tête. Il court dans tous les sens. Le Manchot, lui, a compris. Cet affolement lui rappelle sa propre panique le jour de sa première batterie.

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«Joseph L. Ne t’affole donc pas. Mets donc les gars aux mêmes postes que chez Albert hier, tu verras,

Ça se fera tout seul. »

Ainsi dit, ainsi fait que déjà le Pape a réussi son essai de courroie. Il regarde sa montre, vérifie que les hommes sont prêts, accélère le moteur, puis embraye la grande poulie. La courroie chuinte. La batteuse commence à trembler. Puis elle crache un incroyable nuage de poussière. Enfin elle fait entendre le bruit de sirène de son batteur. Ce bruit qui emplit les oreilles, la tête, le ventre. Ce bruit qui vous rend sourd. La batteuse parle, on n’entend plus qu’elle.

Du haut du tas, des hommes ont lancé des gerbes sur le tablier de la batteuse. Là, un autre gars les a rangées. Un autre a coupé les ficelles. L’engreneur tient la première javelle dans ses mains, prêt à la lâcher. Le Pape pousse encore sa manette de gaz pour donner le bon régime à la batteuse, puis il lève son chapeau. Comme si c’était le signal du travail, l’engreneur laisse aller la javelle vers le batteur qui l’avale avec un grognement de satisfaction. La batterie de Joseph est commencée.

Dans la cour, Joseph est là avec les gars des sacs, au pied de la batteuse. Tendant la main sous la goulotte, il reçoit les premiers grains de sa première récolte. Ému, il les regarde, il les renifle, il en respire la poussière, il en croque quelques-uns … Une autre main s’est tendue à côté de la sienne. Le Pape est là pour surveiller la qualité du battage. « Beau grain, ça ! C’est ta première batterie,hein? Ben, je te dis que t’as bien travaillé, gars. »

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Puis le Pape se glisse sous la batteuse. À quatre pattes il vérifie les ventilateurs et les grilles

Des trieurs.

« Hé ? .. Joseph? .. T’en gardes des balles d’avouéne ? ..

- Pour que faire ?

- Ben, mon vieux, c’est toué qu’es le jeune marié. Si ta femme te fait un poupon, elle sera ben aise de le coucher sur des balles d’avouéne. À ce qu’il paraît qu’y a pas plus sain.

- Tu croués ? .. »

Le Pape hausse les épaules et se dirige vers le monte-paille qu’il entend couiner.

« Ah ! si je savais d’où vient ce tapage !… »

II regarde la paille monter tout au long de la grande rampe avant de tomber à l’emplacement du pailler. Là-bas les hommes ont jalonné leur alignement après avoir beaucoup discuté. C’est que quand la batterie sera terminée, le pailler restera la seule chose visible. Et il vaudra mieux qu’il ait belle allure. Sinon, ça va jaser dans le village.

Le Pape tourne autour de son monte-paille, agacé de l’entendre couiner.

« Ah ! si je savais ce qu’il me prépare celui-là. »

Puis il s’en désintéresse, se munit de son bâton de résine qu’il va frotter sur la grande courroie pour la rendre plus adhésive et régulariser la transmission.

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Il fait beau.

Le jour est tout à fait levé.

Tout le monde travaille.

La batteuse avale bien.

La journée sera fructueuse.

 

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