Chauché patrimoine

Culture et tradition des chauchéens

Archive pour février, 2008

Ala boulangerie autrefois.

Posté : 28 février, 2008 @ 10:38 dans Non classé | Pas de commentaires »

http://www.dailymotion.com/video/x4jetpAller à la boulangerie autrefois.

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Jean Robillon raconte là un souvenir de la sortie de l’école. Personnellement, je suis allé moi aussi bien souvent  chercher le pain à la même boulangerie, chez Léon Guilbaud, à la même époque. Mais mes parents étant agriculteurs, nous avions aussi du pain à prendre chez l’autre boulanger Rondard qui avait sa boulangerie presqu’en face dans le bourg.

boul802a.jpgboul802o.jpg leon Guilbaud.

Je pensais que l’histoire de la coche que vous avez vue dans la vidéo était réservée aux familles d’agriculteurs. En effet une grande partie du blé de la récolte allait chez les boulangers qui fournissaient en échange uns certaine quantité de pain .Elle était  comptabilisé sur cette fameuse coche en bois. Pour que le poids soit exact on complétait avec un morceau de pain la pesée.  Le bois de la coche était différent, suivant la boulangerie, de la bourdaine chez Rondard et du coudrier chez Guilbaud.

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Mais je laisse la parole à Jean :

A la sortie de l’école, nous devions bien souvent ramener le pain à la maison. Nous  nous rendions pour ce faire à la boulangerie située, juste à gauche du portail en quittant  l’établissement. Rentrés dans le magasin, que de fois ne sommes-nous pas restés, nous, les gamins, à regarder le boulanger ouvrir devant nous son four à bois, pour en extraire les miches dorées, brillantes et croustillantes.

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 Certains jours quand il se trouvait que notre venue coïncidait à une heure où il devait préparer une nouvelle fournée, ce brave homme nous initiait à la préparation de la sole, en y introduisant devant nous les fagots de bois sec, puis en retirant les braises, afin d’y enfourner la pâte à cuire. Nous restions béats devant la maîtrise et le tour de mains de Léon. Notre boulanger s’appelait Léon Guilbaud, mais nous avions pris l’habitude de le désigner par son prénom.

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 Il était fréquent aussi que certains jours de fête, les femmes y apportassent: viandes, rôtis, gibiers ou brioches, que Léon cuisait après sa dernière fournée, dans le four encore chaud. Dans cette officine, nous prenions le pain après avoir présenté au maître des lieux, dont les avants bras, les cheveux et le visage étaient maculés de farine, la marque de bois de la famille. Soit nous l’avions sur nous dans notre cartable, soit elle se trouvait suspendue à un clou sur le côté du comptoir.

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 Le boulanger entaillait cette petite planchette à chaque prélèvement et la quantité de pains consommés dans la semaine était comptabilisée à la coche. Ce marquage était la mémoire de nos achats que les parents venaient régler à date régulière. Nous rentrions à la maison, cartable à l’épaule et pain sous le bras. Ce dernier sentait tellement bon et sa croute était si appétissante, que nous ne pouvions résister, chemin faisant, à l’envie d’en dévorer un petit morceau en sacrifiant l’une de ses extrémités.

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Je reprends la plume :

J’ai un souvenir un peu  identique. En rentrant à la maison par le petit chemin, je rencontrais souvent le père Zacharie Vrignaud. Il sortait alors sont couteau  de sa poche et me  tranchait carrément le bout quand la pesée (le morceau de pain ajouté par la boulangère  pour compléter le poids normale) ne suffisait pas à satisfaire la  faim.

le cellier , la cave, la vigne ,convivialité vendéenne.

Posté : 22 février, 2008 @ 11:11 dans Non classé | Pas de commentaires »

http://www.dailymotion.com/video/x4gh4aJe reprends aujourd’hui un passage du récit de Jean Robillon, sur le vin et la cave. Comment ne pas parler de cette tradition du vin à Chauché :

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Puis suivant un rituel immuable, notre maréchal-ferrant s’épongeait le front avec un morceau de chiffon qu’il avait toujours dans une poche de sa salopette, et accompagné du propriétaire du cheval ou du bœuf, traversait la route pour se rendre au cellier. Là, en même temps qu’il s’octroyait une large rasade de vin tirée de la barrique en perce, il offrait à son hôte un verre de cette précieuse réserve, qu’il surveillait amoureusement depuis la dernière récolte.

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Souvent Charles et moi leur emboîtions le pas sans y être convié. On pénétrait dans la cave sombre et humide en ~ descendant les quelques marches d’un petit escalier de pierres. Monsieur Bellamy soulevait la bonde en service et prélevait à l’aide d’une pipette la dose exacte de quoi remplir deux verres. Le vin s’écoulait léger et frais. TI étanchait sa soif et celle de son invité. Monsieur Bellamy accompagnait la dégustation de fréquents hochements de tête, à la fois entendus et interrogateurs. Très rarement mais quelque fois tout de même, nous avisant dans la pénombre, il nous faisait profiter de notre venue pour nous offrir un fond de verre. Nous buvions son élixir artisanal sans enthousiasme, mais pour faire comme les grands, un peu contraints aussi par notre présence en ce lieu. Ce petit vin nous semblait aigre et sec au palais. De toute façon il ne pouvait pas faire de mal si l’on en jugeait par la constitution robuste du forgeron, grand consommateur, s’il en était, de cette piquette locale.

p1010440.jpgC’est vrai qu’en cette occasion précise, nous n’avions ni la joie du goût, ni celle de la quantité, seulement la fierté d’accompagner des adultes. Merci Jean pour ces observations qu’un vendéen ne sait pas faire. Je reprends la plume pour ajouter mon petit grain de sel… 

Chauché le vin et la vigne doivent être une tradition très ancienne. Autrefois dans les campagnes chaque famille avait son petit arpent de vigne. Une constatation  de Gabriel Charriau professeur d’histoire, ce  morceau de terrain se transmettait dans la famille de pères en fils ou filles  de génération en génération. Je me souviens étant enfants d’une vigne  à la Girardière de Chauché que mes  venaient faire,  d’avoir été en Février l’attacher. Cette dernière appartenait il y a très longtemps à  l’un de mes arrières grands pères Alexis né en 1848. 

 Chaque agriculteur  faisait souvent  son vin. On trouve encore quelques pressoirs à Chauché. Restent les caves et le plaisir de faire gouter son vin s’est changé en réunions sympathiques  autour d’un bar dans le coin de la cave. Il n’y a plus de barrique, mais ce sont quand même de bonnes bouteilles de vin d’Anjou ou de Bordeaux que l’on débouche maintenant. Elles  ont remplacé le Noah interdit de culture ou le Baco et le Léon Millot.

p1010485.jpg    Les hommes à la cave ne s’enivrent plus comme autrefois, comme le précise aussi Jean Robillon. Pour beaucoup dans un village c’est l’occasion de se retrouver  entr’hommes  pour « deviser  joyeusement » comme l’aurait surement  dit Rabelais. 

La forge du père Léon

Posté : 14 février, 2008 @ 10:17 dans Non classé | Pas de commentaires »

http://www.dailymotion.com/video/x4dmcwA  la Forge

C’est Jean Robillon qui nous décrit aujourd’hui, comment il a vécu à Chauché de 1943 à 1945 près de la forge du père Léon Bellamy.  Merci Jean  à vous la parole :

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A la belle saison, quand les jours rallongeaient, le quatre heures une fois avalé, les devoirs expédiés et les leçons apprises, nous nous précipitions, Charles Lucas mon voisin de l’autre côté de la route et moi, soit à la forge près de son domicile, soit dans la quincaillerie que tenaient Marie Lucas sa maman et Anne Bellamy la sœur de cette dernière et donc la tante de Charles.

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A nos yeux d’enfants ce magasin était féerique, la quincaillerie regorgeait de mille accessoires, outils divers, pointes, vis, crochets, ustensiles ménagers, appareils de jardinage, balais, brosses, produits d’entretien et de nettoyage, éponges, charnières, cages, pièges à petits animaux, tapettes à souris, etc. …

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 Il se dégageait de tous ces objets une odeur très caractéristique, qui flottait dans l’étroite pièce. On y percevait distinctement au fil de nos pas les senteurs de fer, d’huile, de caoutchouc, de lin, de cuir ou de bois travaillé. Dès que nous poussions la porte, un mélange de tous ces parfums nous sautait au visage. J’en garde aujourd’hui encore le souvenir intacte.

Dans cette petite boutique surchargée, nous jouions les mouches du coche, touchant à tout mais ne servant à rien. Nous n’étions d’aucune utilité, ne connaissant ni les produits, ni leur utilisation et encore moins leur prix. De toute façon vu notre jeune âge, il nous était interdit d’approcher du tiroir-caisse, aussi le plus souvent étions nous invités à quitter les lieux dès que nous devenions encombrants.

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 La forge en revanche restait notre attraction favorite, notre territoire de prédilection. Nous y passions de longues heures, aidant autant que faire ce peut, à la force de nos petits bras, le maître des lieux, en activant le soufflet à tour de rôle. Pendant ce temps le grand-père de Charles mettait au feu et façonnait sur l’enclume, grilles, outils agricoles, socs de charrue, bandages de roues, fers à cheval, fers à bœuf, lames de coupe, accessoires de jardinage, etc. …

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C’était pour nous un jeu, une distraction et un certain plaisir de se croire utile. Nous aimions l’odeur du charbon qui brûlait dans le foyer incandescent, l’odeur des flammes attisées par le vent du soufflet et l’acre fumée qui se dégageait du fer étincelant, écarlate ou rouge cerise, qui prenait forme sous les coups de marteau cadencés du forgeron. La fréquence des frappes était toujours la même: trois coups forts portés sur le fer, pan, pan, pan, puis trois coups légers lorsqu’il laissait rebondir le marteau sur l’enclume, ding, ding, ding ; et le rythme reprenait marquant de sa cadence l’avancement du travail.

forges804.jpg Nous n’étions pas peu fiers quand par hasard Monsieur Bellamy nous associait à son activité, en nous demandant de lui tenir une pince, de tremper une pièce ou de lui passer des outils. Nous nous sentions importants car nous commencions à bien connaître la panoplie de la forge et chaque outil nous devenait familier. A la seule évocation de son nom nous allions droit sur lui. Parfois le maître de forge nous demandait de tenir au chaud dans le foyer, à bout de tenailles, un fer destiné à être assemblé, tandis qu’il s’employait à trouver dans un tiroir d’établi, les plaquettes de soudure adéquates. Nous le regardions extraire les pièces du feu, jeter de la poudre grise ou une pincée de sable sur les parties à souder, pour en connaître par réaction la température, disposer les plaquettes miracle entre les parties préparées, alors rouge vif, et procéder à la fixation de l’ensemble à grands coups de masse. 

l’eau à Chauché avant 1950

Posté : 5 février, 2008 @ 7:05 dans Non classé | Pas de commentaires »

http://www.dailymotion.com/video/x4a4fs

L’eau à Chauché avant 1950.  En 1948, j’étais en pension à Saint-Laurent-sur-Sèvre. Ma mère chaque jeudi récupérait mon linge sale pour le laver avec celui de la famille le lundi suivant. Combien de fois me suis-je fait gronder, sans comprendre comment  à 50 km du collège, elle était au courant de mes zéros et zéros pointés en orthographe. Je déchirais alors le coin du cahier où était inscrit le zéro faisait une petite boulette que je glissais au fond de la poche. Le cahier redevenait vierge de ces navrantes annotations. 

 Le mystère fut élucidé, quand je l’ai surprise,  un lundi ou je me trouvais à la maison, à  vider mes poches de la  culotte courte, en les retournant. Elle dépliait alors minutieusement, les petites boules de papier où l’on pouvait lire les honteux zéros.

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Le lundi  ma mère, c’était le jour de la lessive. Le linge bouillait  dans le grand chaudron de la lessiveuse. Il était ensuite savonné et empilé sur la brouette pour aller au rinçage. On devait descendre près de la rivière, le village de La Roche étant situé sur une colline. Il fallait dévaler à  300 m au bord de la petite Maine, où une source d’eau claire jaillissait. C’est là qu’on allait au « doué » à Baptiste, rincer le linge. La grosse brouettée de linge mouillée de la famille étais très lourde. J’aidais alors ma mère à remonter le coteau abrupt en attachant une corde à l’avant de la brouette et  je tirais comme un bœuf.

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Les jeunes générations en cette année de 2008 ne peuvent pas comprendre ce que c’est de ne pas avoir l’eau courante. C’est si facile maintenant de tourner le robinet. De prendre une douche, de mettre en route le « lave linge ». L’eau courante n’est arrivée à Chauché dans les fermes, qu’à partir des années1960.  Ce fut alors un bienfait énorme pour l’hygiène et la propreté. Auparavant il fallait prendre l’eau du puits pour la cuisine, la vaisselle et surtout la toilette. On se lavait les mains dans la »lavrasse »  suspendue  à un clou à l’entrée de la maison. Dans la chambre, il y avait le broc et une cuvette.

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Mais il est temps pour moi de retrouver la prose de Jean Morillon qui a vécu une expérience similaire. Comme il vous le dira c’était encore plus difficile de 1940 à 1945 pendant la seconde guerre mondiale.

jeanr01.jpgA côté du caveau à vins se dressait une buanderie, dans laquelle une fois par semaine on faisait bouillir la lessive de la famille, et où chaque Samedi ou Dimanche traditionnellement, chacun venait y faire sa grande toilette hebdomadaire. 

 A cette occasion on disposait un baquet au sol dans lequel on versait une pleine lessiveuse d’eau chaude, et tous, à tour de rôle venaient y faire leurs ablutions. Monsieur Bellamy toujours très généreux, mettait ce local à la disposition des voisins dépourvus de cette facilité, les autres jours de la semaine.  Je me souviens de ma mère surveillant son linge, qu’elle tournait avec un manche à balais dans la lessiveuse fumante, sous les jets d’eau bouillante retombant du déversoir central, ou me lavant copieusement, en me frottant vigoureusement avec un gant de toilette puis m’aspergeant à grande eau tiède.

puit01.jpgDe temps à autre lorsque la nécessité s’en faisait sentir, la buanderie servait aussi à confectionner des barres de savon. Dans un chaudron on faisait fondre du suif dans lequel, une fois très chaud et bien liquide, on jetait des cristaux de soude caustique qui se dissolvaient instantanément à la chaleur du bain. La pâte ainsi obtenue était brassée puis coulée dans un long moule rectangulaire en acier galvanisé. Une fois le pain refroidi, on le découpait en morceaux cubiques que l’on rangeait dans la réserve. La lessive en poudre n’existait pas encore et ce substitut servait à la fois à laver le linge et à la toilette du corps. 

 

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