Chauché patrimoine

Culture et tradition des chauchéens

Archive pour janvier, 2008

le maréchal-ferrant

Posté : 31 janvier, 2008 @ 8:07 dans Non classé | Pas de commentaires »

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Vous venez sans doute de regarder ferrer un cheval sur la petite vidéo. C’est de nos jours une chose rare.  Mais en 1943, le bruit des marteaux sur les enclumes,  résonnait dans le village de Chauché et on l’entendait de loin. Il n’y avait pas moins de quatre forges dans le  bourg. Bien sur il y en avait aussi dans chaque grand village de la commune.

patro9.jpgleon01.jpgJean Robillon, le petit garçon que vous voyez sur cette photo au premier plan en compagnie de Charles Lucas était réfugié dans le village de Chauché pendant la guerre. Il décrit avec précision le métier de maréchal ferrant qu’exerçait le grand père de Charles Lucas (sur la photo) : Le père Léon Bellamy. Merci à Jean Robillon pour ce récit si véridique que l’on s’y croirait : Le maréchal-ferrant. 

. Ce professionnalisme nous semblait mystérieux, beau, inaccessible et grave.’ Sans y porter plus d’attention, inconsciemment, il forçait en nous le respect et l’amour du métier. Lorsque les paysans alentour apportaient leurs bêtes à ferrer, nous aidions à attacher chevaux ou bœufs dans le portique qui se trouvait à droite de la forge.

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C’était un ensemble de quatre madriers verticaux plantés dans le sol, espacés d’une distance moyenne correspondant à l’entrejambe des animaux debout. Ces montants étaient reliés au sommet par de grosses traverses de bois qui rigidifiaient l’ensemble. Le maréchal-ferrant ou le paysan, introduisait la bête à ferrer en la guidant par les mors ou l’anneau nasal et en aiguillonnant le train arrière. On intervenait alors pour immobiliser les quatre jambes avec des lanières placées sur chaque poteau. 

Monsieur Bellamy travaillait successivement sur chaque sabot, en libérant le pied incriminé de son entrave. I l ployait la jambe libre de l’animal, la relevait à hauteur de son tablier de cuir et posait le sabot sur ses genoux.

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Avec de grandes tenailles il ôtait les clous du fer usé, limait ensuite la corne avec une râpe à bois, puis présentait le nouveau fer pour l’adapter et l’ajuster. Une fois la modification effectuée, il le faisait rougir au feu et le posait incandescent sur la corne pour en marquer l’empreinte, faisant jaillir au passage des volutes de fumée bleues dont l’odeur nous était désormais familière.

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 Enfin il le refroidissait dans un seau d’eau avant de le clouer définitivement au sabot. Le travail terminé, la bête était libérée de ses étriers et conduite le long du mur de la forge pour y être attachée aux anneaux plantés dans la brique.

forge05.jpgPuis suivant un rituel immuable, notre maréchal-ferrant s’épongeait le front avec un morceau de chiffon qu’il avait toujours dans une poche de sa salopette, et accompagné du propriétaire du cheval ou du bœuf, traversait la route pour se rendre au cellier. Là, en même temps qu’il s’octroyait une large rasade de vin tirée de la barrique en perce, il offrait à son hôte un verre de cette précieuse réserve, qu’il surveillait amoureusement depuis la dernière récolte. Souvent Charles et moi leur emboîtions le pas sans y être convié. On pénétrait dans la cave sombre et humide en descendant les quelques marches d’un petit escalier de pierres. Monsieur Bellamy J soulevait la bonde en service et prélevait à l’aide d’une pipette la dose exacte de quoi Ir remplir deux verres. Le vin s’écoulait léger et frais.  Il étanchait sa soif et celle de son invité. 

Le Patronage

Posté : 23 janvier, 2008 @ 9:02 dans Non classé | Pas de commentaires »

http://www.dailymotion.com/video/x457yojeanr01.jpgLe Patronage (souvenir de Jean Robillon) Jean Robillon était réfugié à Chauché en 1943, dans le village de Chauché. Son récit est très agréable à lire et  joliment  écrit. Joseph Levron, ancien directeur de l’école de Chauché, a choisi l’un de ces textes pour servir de dictée, lors d’un concours. Merci Jean. 

Tout au long de l’année scolaire, les jeudis étaient consacrés au patronage. Les adhérents à cette sortie hebdomadaire se regroupaient en début d’après-midi sous le préau de l’école, et nous partions en rang sous le regard bienveillant et attentif de l’abbé  Benatier. Nous marchions ainsi jusqu’aux premiers champs, jugés propices à nos ébats.

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Là, ce prêtre nous organisait des jeux de ballon ou des jeux de camp, chacun portant à la manche un morceau d’étoffe de couleur distinctive, fourni par l’abbé, et qui définissait ceux de nos amis de ceux de nos adversaires. Nous courrions dans tous les sens pour ne pas être fait prisonnier, et courrions encore davantage après ceux que nous voulions capturer. De nos jeux turbulents, l’abbé en instituait les règles et s’en faisait l’arbitre.

Au retour, chemin faisant nous longions les talus et les haies, trainant les pieds, épuisés par les efforts déployés dans nos jeux. Au passage en bordure des sentiers, toutefois, il nous arrivait malgré la fatigue, de cueillir des boulettes de chênes, sortes de petits fruits en bois dur parfaitement sphériques, et qui nous servaient de billes. Nous en remplissions nos poches, choisissant les plus brillants, les plus gros et les plus réguliers d’aspect.

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 A l’école, à la récréation qui suivait nos escapades, comme il y avait toujours quelques enfants qui possédaient des billes de verre ou en plâtre de couleur, le fin du fin consistait à gagner ces billes avec nos boulettes de chêne. C’était admis, personne ne s’offusquait de la différence d’origine de nos mises et on mélangeait tout le contenu de nos poches.

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Plusieurs fois au cours du mois de Juin, quand le soleil était plus haut, que les jours étaient plus longs et plus chauds, l’abbé nous organisait une sortie de toute la journée. Nous partions alors en milieu de matinée. Je me souviens d’une promenade harassante sous un soleil de plomb, où munis de sacs à dos contenant: assiette, timbale, fourchette et couteau, nous cheminions le long des prés en fleurs, croisant des champs de blé déjà haut et parsemé de coquelicots écarlates, longeant aussi des talus plantés d’arbres feuillus où les jeunes pousses d’un vert plus tendre pointaient leurs feuilles naissantes vers le ciel. Dans l’air immobile les insectes bourdonnaient de toutes parts, et nous avancions dans la chaleur du jour, humant à pleins poumons les effluves du printemps.

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A midi s’annonçait une halte salvatrice. Aussitôt nous avions mission après avoir déposé nos sacs, de partir à la recherche de bois mort pour préparer le feu de camp. Je garderai toujours en mémoire l’odeur des branches qui se consumaient au milieu du champ et le grésillement des flammes qui montaient parmi l’enchevêtrement du bois sec. Nous avions très faim et le fumet des mogettes qui réchauffaient dans la marmite avec quelques morceaux de lard, renforçait encore notre appétit. Alors quand le prêtre décrétait le moment venu pour le repas, notre impatience grandissait encore.

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Il  nous plaçait en cercle autour du feu, à bonne distance, lui au centre. Après une brève prière de remerciement pour notre pain quotidien, nous étions invités à nous asseoir dans l’herbe. Monsieur l’abbé distribuait nos rations à la louche, qu’il accompagnait d’une belle tranche de pain blanc. Nous mangions avec délice et une faim de jeunes loups, ces haricots tout chauds que nous faisions glisser avec de l’eau fraîche et limpide puisée à la source voisine avec un seau. Nous en remplissions nos quarts individuels, petits gobelets en fer blanc munis d’une anse. Les jeux reprenaient après la pose repas et nous rentrions en fin d’après-midi fourbus, traînant nos galoches dans la poussière du chemin, mais tellement heureux de ces journées de plein air.

Le nom de « Chauché » viendrait-il du cépage?

Posté : 11 janvier, 2008 @ 12:39 dans Non classé | Pas de commentaires »

http://www.dailymotion.com/video/x40f2f

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Le cépage : du  Chauché

Vous venez de voir ma petite vidéo de mes petites  recherches en l’ile de Ré pour retrouver Michel Pelletier  qui a trouvé le cépage du Chauché. Malheureusement j’ai raté le rendez-vous tant attendu de la dégustation. Ce sera pour une autre fois.

Un article paru dans Sud Ouest  avait attiré l’attention d’un Chauchéen en service dans l’ile de Ré en 2003. Il l’a communiqué à l’association du Chant de la Pierre. C’est une  information importante, car elle pourrait donner l’origine du nom de la commune de «  Chauché ».

A partir de cette information, j’ai communiqué  le 21 Janvier 2005 un article au  journal Hebdo Vendée, sur le « Cépage du Chauché »

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Chauché vendredi 21 janvier 2005.

L’abbé Paul Charrier curé de Chauché de 1919à 1955 connaissait beaucoup de détail  concernant sa paroisse. Il  disait alors dans les années 1950 que l’origine du nom: «Chauché» pouvait venir d’un cépage de vigne. Rien dans les livres sur l’origine de ce nom ne tendait à cette époque, à prouver la véracité de cette affirmation.

 Mais voilà qu’aujourd’hui une découverte récente devrait relancer les recherches sur les origines de ce nom de Chauché. L’association  du « Chant de la Pierre s’est mis à la recherche du Chauché. » Qu’est à dire? Trois membres de l’association se sont déplacés, fin Novembre à l’IREO de Cherves Richemont dans les Charentes pour assister à une journée technique sur « les cépages du terroir ». Le Chant de la Pierre veut-il relancer la culture du Baco ou du Léon MilIot? (cépage type de notre vignoble actuel à Chauché) Peut-être!

Pour comprendre les causes de ce déplacement, il faut remonter à l’an passé. Un habitant de la commune, gendarme motorisé de son état et actuellement en fonction chez nos voisins charentais a la surprise de lire dans le journal local «La Charente libre» que des chercheurs du conservatoire du vignoble charentais ont découvert, sur l’île de Ré, un cep de vigne (une treille) très ancien dont la variété est le « Chauché gris». Gabriel Charriau professeur d’histoire a pris contact immédiatement avec le conservatoire qui gentiment a invité des membres du Chant de la Pierre à la présentation du résultat de leurs recherches.

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 Le« Chauché» était du l3ème au 1Sème siècle un cépage considéré comme « principal» dans le vignoble de l’Aunis (entre La Rochelle et Cognac), sensible au froid, il aurait disparu après l’hiver 1709 (si rigoureux que le vin avait gelé dans les barriques). C’est pourtant un fameux vin rosé! Ce cépage donne des grappes serrées aux grains gris rosés. Les spécialistes du conservatoire ont réalisé une micro vinification à partir de la treille de l’île de Ré : ils ont produit 3 litres de ce précieux nectar. Trois litres pour cinquante, c’est peu, mais nos envoyés ont pu déguster un petit fond de verre. Et alors? Très agréable au palais! C’est surtout l’avis des spécialistes présents qui semblent d’accord pour une remise en culture du dit cépage. Contact pris: il y aura sans doute du« Chauché» à Chauché d’ici quelques années !

 Monsieur le curé Paul Charrier, décédé, n’est hélas plus là pour trinquer avec ses paroissiens.

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Ile de Ré, Septembre 2007

 Pour occuper une partie de ma  semaine de vacances je suis allé passer 5 jours en l’ile de Ré. Je me suis lancé à la recherche du fameux cépage et de son inventeur (au sens latin du terme : ce lui qui trouve)

Le temps de ce début septembre se prête magnifiquement pour une escapade dans l’île de Ré. Elle n’est pas vraiment improvisée car j’ai réservé une chambre à l’hôtel de l’Océan, au Bois de la plage en Ré. C’est une bonne précaution car la fréquentation de ce mois de septembre est encore importante.

Après avoir franchi le péage le du pont au départ de la Rochelle, le vacancier qui rejoint l’île de Ré à l’impression de plonger dans les vacances. Mon travail de VRP autrefois, ne m’a jamais conduit en l’ile de Ré. Il n’y a plus dans l’hexagone, que dans toutes ces îles de la côte Atlantique, ou je n’ai pas encore mis les pieds.

Sur les petites routes de l’île de Ré, en parfait état, je remarque le nombre impressionnant de cyclistes.

« C’est  occasion ou jamais d’enfourcher la petite reine ».

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Sur ma gauche  en arrivant au Bois de la plage en Ré, j’aperçois le bâtiment de la cave coopérative du vignoble de l’île. Ce devrait être, pour moi, le point incontournable pendant mon séjour de quatre jours.  je pense que peut-être là, quelqu’un pourra m’indiquer ou se trouve cette fameuse treille du Chauché.

Après le repas de midi au restaurant de l’hôtel de l’Océan, très fréquenté en cette saison, je rejoins l’office du tourisme pour me renseigner sur le cépage recherché. Un jeune homme très sympa me conseille d’aller à la cave coopérative.

 » Facile me dis-je je suis passé tout près tout à l’heure ». Au restaurant le sommelier est m’a fait goûter pour accompagner le plateau d’huîtres un vin blanc le Royal, qui n’a fait penser à notre franc blanc vendéen du pays de Brême c’est l’occasion d’en acheter un carton.

À la cave, bien sûr, on entendu parler du cépage le « Chauché »  et on me donne même le numéro de téléphone de Michel Pelletier inventeur (au sens latin du fameux cépage).

Je tombe bien c’est justement  la vendange qui commence en l’ile de Ré. Mais la cueillette du raisin se fait dès cinq heures du matin. Je ne peux m’y rendre ainsi, car je ne sais pas où se trouve les vignes. Je donne mon numéro de téléphone portable à M Pelletier. C’est mardi, le rendez-vous est pris pour vendredi. Michel doit me rappeler pour fixer un lieu de rendez-vous plus précis donc pour vendredi à l’heure du repas de midi.

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Ces quatre jours passés dans l’île de Ré ont filé comme une flèche. Tous les matins dans tous les villages de l’île il y a le marché très fréquenté en cette saison. Bien sûr je vais à saint Martin de Ré visiter cette belle place forte du XVIIe siècle édifié par Vauban. Mais après le marché il fait bon se perdre dans toutes ces petites ruelles fleuries. À quelques kilomètres de là il ne faut surtout pas manquer le village  de la flotte en Ré, l’un des plus beaux villages de France. Puis en passant par Sainte-Marie de Ré, le village de  la Couarde, nous rejoignions Ars en Ré, avec sa flèche blanche et noire qui domine les  marais salants. De belles petites routes longent la mer pour vous conduire au phare des Baleines, haut lieu du tourisme par excellence si l’on en juge par l’affluence importante  des cars de touristes et les nombreuses voitures sur les parkings.

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Et le Chauché dans tout ça ?

À l’hôtel quelqu’un ne m’a assuré qu’il  avait  bien bu la veille, un apéritif fabriqué à base du Chauché.  Le veinard !

Je retourne à la coopérative pour reprendre un carton de vin rosé et me renseigner davantage cette fois encore,  en attendant de me rendre à l’invitation de Michel Pelletier vendredi.

Hélas  1000 fois Hélas. Ne vous fiez pas trop comme moi au numéro de téléphone dicté de vive voix. Vendredi à l’heure du repas rien. Pas de coups de téléphone. Il est 14 heures, je me décide alors à rappeler Michel Pelletier. C’est alors qu’il m’apprend qu’il n’a bien envoyé deux  S. M. S. au numéro que je lui ai indiqué et il est fort surpris quand je lui affirme que je n’ai rien reçu, sur mon portable évidemment. J’ai manqué le rendez vous qu’il m’avait fixé à 11 heures avec la presse pour la présentation de la vendange du fameux « Chauché ».

 Alors raté ?  Pas tout à fait, je ne vous en dirai pas plus long aujourd’hui, Mais tous les espoirs ne sont pas encore perdus de voir du Chauché à Chauché.  Je vous en reparlerai dans quelque temps.

 Un conseil pour terminer : ne vous fiez  pas trop au numéro que vous dictez au téléphone, surtout  si, comme moi,  vous n’avez pas vos lunettes. Il est si facile de se tromper. Que Michel là bas dans l’ile de Ré, veuille bien me le pardonner.

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 Chauché 10 janvier 2008.

J’ai offert mes vœux à Michel Pelletier. Je crois que bientôt nous le verrons à Chauché , pour nous parler de ce cépage.

Georges

 

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